Le tribunal correctionnel de Verviers a examiné mercredi le dossier d’un quadragénaire poursuivi pour abus de confiance et vol dans le cadre de sa fonction de directeur d’une école verviétoise où, pour combler un trou de caisse de 4.000 euros consécutif à un vol, il avait manipulé les comptes mais n’était parvenu, en définitive, qu’à faire empirer la situation comptable et gonfler ce trou estimé au total à 16.000 euros.
En 2012, ce chef d’établissement, fort de 120 élèves, avait constaté le vol d’une somme estimée à 4.000 euros, dans le coffre de son bureau. Au lieu de déposer plainte, le quadragénaire dit avoir tenté de camoufler ce délit en remboursant petit à petit la somme dérobée. "J’ai agi de la sorte car, malgré ma fonction de directeur depuis 2005, je n’étais pas nommé. Or, je pouvais espérer cette promotion dans les mois qui allaient suivre et je n’ai pas voulu attirer l’attention sur moi", a-t-il expliqué à l’audience.
En tant que directeur, il avait accès à l’argent remis par les parents aux enseignants dans le cadre des diners scolaires et des garderies, sommes qui étaient ensuite déposées à l’économe de l’établissement. Ce directeur devait également effectuer les comptes relatifs à diverses activités telles que les fancy-fairs, les ventes de photos de classes, de lasagnes voire les voyages scolaires. Ces sommes étaient ensuite remises à la responsable du denier scolaire. Grâce aux bénéfices engendrés par cette caisse parallèle, l’école participait au financement de fournitures scolaires et autres activités pour limiter l’intervention financière des parents.
Le prévenu a expliqué qu’il avait dans un premier temps ponctionné des petites sommes au sein de la caisse des dîners et qu’il avait ensuite fait de même avec les garderies. Il a constaté que le remboursement ne s’opérait pas aussi vite qu’espéré et s’est mis à jouer mais il s’est à son tour mis dans une situation financière personnelle délicate.
Au lieu de se combler, le trou n’a fait qu’augmenter jusqu’au 31 décembre 2014, moment où il a dû s’effacer pour son successeur, lequel a dénoncé les faits à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le prévenu reconnait l’abus de confiance et est prêt, selon Me Franchimont son avocat, à rembourser 10.000 euros à la FWB. Il conteste par contre le vol initial des 4.000 euros ainsi que d’avoir manipulé les comptes du denier scolaire alors qu’on lui reproche d’avoir détourné quelque 10.000 euros au départ de celui-ci. Le parquet sollicite une peine de travail à l’encontre du quadragénaire, suspendu de ses fonctions depuis juin 2015 et qui est en passe d’être exclu par la communauté française. (Belga)