Tribunal de Verviers : deux couples condamnés pour traitement inhumain

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Deux couples et un homme originaires de l’ex Yougoslavie et appartenant à la communauté Rom étaient accusés devant le tribunal correctionnel d’avoir « marié » leur fille de 13 et 15 ans et ce contre de l’argent. Ils étaient poursuivis pour une série de préventions que l’on peut résumer en traite d’êtes humains.

Il y a d’abord le cas de Juliette (prénom d’emprunt)  qui avait 15 ans quand elle rencontre Ahmed à l’école. Les deux jeunes tombent amoureux et veulent être ensemble. Après une grande fête qui officialise leur « mariage » selon la tradition rom,  le père d’Ahmed, un Pepin de 38 ans,  accueille le couple chez lui. « Ils s’aimaient, qu’est ce que je pouvais faire d’autre ? » dit-il en affirmant ne pas connaître l’âge de la fille. Mais la question qui se pose est de savoir s’il a payé le père de Juliette pour ça.  Ahmed parle lui-même d’une somme de 9.500 euros que ses parents auraient exigé pour qu’ils continuent leur relation. Le père dément : « la tradition veut que le père organise la fête et que les invités payent quelque chose pour couvrir les frais.  J’ai donné comme tout le monde », dit-il sans préciser combien.

Un deuxième cas concerne Elvire, dont les parents habitent Anvers, et qui n’a que 13 ans lorsqu’elle rencontre Elvis lors d’un voyage scolaire à Walibi. Elvis, qui est le frère de Juliette. Là, le même cinéma se répète. Fête officielle valant mariage, puis cohabitation chez le père d’Elvis.

De l’argent a-t-il été échangé ? Le père d’Elvis dira qu’il a remis une somme qu’il ne peut plus déterminer, 3 ou 4.000 €, peut-être 5.000, ce qui représente le don de tous les invités.

Pour Gilles de Villers Grand Champs, le procureur de division faisant fonction, il est clair que les parents ont vendu leur fille mineure, et par là se sont rendus coupables d’incitation à la débauche et même d’être coauteurs du viol de leur enfant. « La loi belge protège les mineurs, même consentants. » Il réclamait 4 ans de prison pour les cinq parents, en disant qu’on  ne peut faire n’importe quoi au nom de la tradition. Si celle-ci respecte les lois de l’endroit où les gens résident, pas de problème. Mais elle ne peut aller à l’encontre des lois du peuple belge 

Le tribunal a reconnu les préventions établies, mais a appliqué une sanction différenciée aux différents prévus : 3 ans pour le père de Juliette et Elvis, 2 ans pour la mère, et un an pour les trois autres, le tout avec sursis.

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