Les affaires de violences intra familiales se multiplient devant le tribunal correctionnel de Verviers Parmi ces dernières, il y a celle de ce Verviétois de 36 ans, déjà condamné 4 fois pour ce motif, qui comparaissait détenu pour des coups répétés à sa compagne et aux enfants de celle-ci. Il écope de 2 ans de prison ferme.
Julien était poursuivi pour deux scènes de coups bien précises à sa compagne Jacqueline (prénom d’emprunt), mais aussi des coups indéterminés au cours de leur relation qui dure depuis deux ans. La première scène a lieu le 10 décembre dernier. Appelés par une voisine, les policiers trouvent Jacqueline avec une plaie à sang coulant au visage et plusieurs meubles dont la télé cassés. S’il reconnaît avoir déconné ce jour là, il ne se souvient que vaguement de la scène, mais pas d’avoir frappé sa compagne. « J’avais bu beaucoup de whisky » admet-il.
La deuxième scène est encore plus récente, puisqu’elle date du 23 janvier de cette année. Ce jour là, il est dans un état bien avancé lorsqu’il se dispute avec quelqu’un via internet. Selon lui, sa copine a voulu s’en mêler, et cela a dégénéré. Il a notamment arraché les cheveux de Jacqueline, dont on a retrouvé des touffes un peu partout, et cassé divers objets, et une nouvelle fois la télé. Résultat pour Jacqueline : deux semaines d’incapacité. « J’ai fait une crise d’alcool » reconnaît-il.
Il était aussi poursuivi pour des coups donnés aux quatre enfants de Jacqueline, âgés de 8, 11, 13 et 16 ans. Ceux-ci déclarent avoir vécu un enfer, avec des insultes, des claques et des coups quasi quotidiens, ainsi qu’à Jacqueline, au point d’avoir peur qu’un jour ils soient privés de leur maman. Mais il contestait les coups donnés aux enfants, juste à la rigueur une gifle à l’aîné qui se bagarrait avec un de ses frères. « Ils étaient ingérables, c’est facile de me mettre tout sur le dos, mais il n’y avait pas que moi qui étais violent » dit-il en admettant avoir un problème d’impulsivité.
Malgré tout cela, Lucien et Jacqueline sont toujours ensemble. « C’est un compagnon agréable… lorsqu’il n’a pas bu, mais le problème, c’est qu’il boit souvent. Sa compagne est d’accord pour continuer avec lui, à condition qu’il suive une cure efficace » avait déclaré Me Géréon, partie civile.
Mais Mme Lanza, ministère public, n’y croyait pas beaucoup, car il a déjà subi une cure, après avoir été condamné quatre fois pour des violences intra familiales, dont des coups à sa mère. Et de rappeler une de ses déclarations plutôt culottée, disant que c’était la faute de madame parce qu’elle ne l‘avait pas empêché d’aller boire ! Elle réclamait donc deux ans de prison ferme. Son avocat Me Hoffait n’avait eu que la ressource de plaider un sursis probatoire, qui lui permettrait d’aller en cure. Une mesure refusée par le tribunal, qui le condamne à deux ans de prison ferme. (Luc Brunclair)