Covid-19: à bout, le personnel soignant exprime sa colère

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Vacciner d’office le personnel soignant, la mesure ne passe vraiment pas auprès des syndicats. Ce jeudi matin, la CSC Services Publics se mobilisait encore devant le Centre Hospitalier Régional de Verviers. Une manifestation plutôt bien suivie car la colère est réelle dans le secteur. Le sentiment d’injustice aussi. 

Audrey Degrange

Applaudis hier, licenciés demain, le paradoxe est grand pour ces acteurs de la santé qui chaque jour ne ménagent pas leur peine pour soigner la population. Essentiels, ils le sont et pourtant, ils sont aujourd’hui pointés du doigts. « C’est inadmissible de faire une obligation pour les soignants alors qu’on est déjà en manque de personnel, nous confie Marie Hanlet, Aide-soignante au Centre Hospitalier Régional de Verviers. C’est pas possible. En 2022 il n’y aura plus personne pour soigner nos patients donc comment ils vont faire ? Je ne sais pas.»

« On n’est pas contre la vaccination, souligne Funda Bektas, Infirmière au Centre Hospitalier Régional de Verviers. Je suis vaccinée. Mais je me demande pourquoi l’obligation vaccinale que pour les soignants ? C’est déjà pas clair, que ce soit pour tout le monde ou pour personne. Puis ces sanctions prises envers nos collègues non vaccinés, ça va trop loin. »

Si l’incompréhension règne, cette vaccination obligatoire n’est jamais qu’une goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien trop rempli. « On est à bout, s’emporte Virginie Blocteur, Infirmière et Déléguée syndicale CSC Services Publics - CHRV. On se voyait en juin et je vous disais déjà qu’on l’était avec d’autres mesures et c’est pas fini ! On continue à s’acharner et toujours sur les mêmes. Sauf que depuis le mois de juin, la situation s’est aggravée. On doit fermer des lits, on doit choisir qui on soigne ou pas. C’était notre crainte, elle est devenue réalité. Il faut arrêter toutes ces mesures prises sur le personnel de soins de santé, nous sommes essentiels donc stop ! »

Stop aussi au manque de respect, la profession doit être soutenue et revalorisée. « On en a marre d’être des larbins, explique Stéphanie Levaux, Infirmière spécialisée en oncologie au CHRV. On a l’impression de ne faire que du service aux gens et vu comme on est payé et traité, je ne que ce mot à la bouche. J’ai les pieds de plombs quand je viens travailler, j’ai fait 4 ans de spécialisation en oncologie et bientôt ça ne sera plus reconnu. Je suis dépitée... »

« On n’est plus des bonnes soeurs, relève Marjorie Talmas, Infirmière spécialisée en oncologie au CHRV. On est des infirmières, on se forme et je pense qu’on a besoin d’avoir le salaire qui correspond à nos années d’études tout simplement. »

Quitter le métier, ils sont nombreux à y penser. La CSC Service Publics va même plus loin et dénonce une pression qui donne la mort. Ce jeudi, une minute de silence a d’ailleurs été observée pour Romain, parti beaucoup trop tôt. « C’était lundi, il a laissé une lettre dans laquelle il explique qu’il n’en pouvait plus de cette pression. Il collaborait avec le CHRV et il n’en pouvait plus qu’on stigmatise les gens, il ne se retrouvait pas dans ce monde, il a donc préféré partir vers d’autres cieux. »

Face à ce qu’elle qualifie d’absurdité gouvernementale, la CSC Services Publics entend poursuivre les actions. Et pourrait prendre part à la grève nationale décrétée le 7 décembre prochain.

 

 

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