10 ans après la faillite de GC Paper, ex Gruppo Cordenons, le tribunal a condamné deux des anciens repreneurs de l’époque notamment pour faux et usage de faux. Un an de prison, avec sursis, et une amende de 5.500 euros pour Robert Roche, un des repreneurs de l’époque, 5 mois, avec sursis également, et une amende de 2.500 euros pour Brendan Doyle, son complice. Tous deux condamnés notamment pour faux et usage de faux. Le troisième, Graham Marlow, est lui acquitté.
Un jugement qui reconnaît le côté frauduleux de la faillite de la papeterie malmédienne et qui remet aussi en cause la reprise de la papeterie par ces faussaires. Autre élément significatif, les travailleurs ont été reconnus à la cause, avec préjudice moral à la clé (1 euros symbolique...).
Les travailleurs, parties civiles dans cette longue procédure, regrettent malgré tout que les Italiens de Gruppo Cordenons n’étaient pas poursuivis dans ce procès. Gruppo Cordenons avait cédé l’entreprise fin 2008 pour l’euro symbolqiue, alors qu’elle était en situation de faillite, avec un passif de 33 millions d’euros. Les travailleurs soupçonnent toujours que cette reprise, suivie d’une faillite 4 mois plus tard, était destinée à éluder un plan social. Ils se posent encore beaucoup de questions sur les 2,6 millions d’euros transférés vers l’Italie peu avant la première procédure de fermeture en 2008...
Ce jugement fera date, en tout cas, en ouvrant la porte vers la reconnaissance des travailleurs dans les fermetures d’entrerprises. Tout en soulevant une autre problématique, plus politique celle-là, à savoir celle de la cession des entreprises.