Notre personnel soignant est fatigué, usé par la première vague d’épidémie de coronavirus et il doit maintenant en affronter une seconde. Le coronavirus frappe aussi parmi les membres du personnel. Certains sont aussi absents pour cause d’épuisement.
Les batteries des soignants à plat
A la clinique CHC MontLégia, des cellules d’appui psychologique ont été mises en place 24 heures sur 24 pour tenter d’accompagner le personnel soignant dans cette épreuve. Heloïse Henceval, psychologue, en fait partie. "C’est clair que les équipes sont souvent épuisées. Elles n’ont pas eu l’occasion de recharger leurs batteries qui sont souvent à plat parce que la première vague leur a demandé énormément d’investissement et d’énergie, explique Héloïse Henceval, psychologue aux urgences du CHC MontLégia. Habituellement, c’est toujours bien d’avoir un moment pour recharger ses batteries que ce soit en prenant des vacances ou simplement de passer un moment de qualité en famille. La situation actuelle ne le permet pas et là, on demande toutes les forces et ressources vives à l’hôpital mais les collègues sont souvent épuisés".
L’incertitude, la perte de contrôle est difficile à gérer
La perte de contrôle est difficile, en général, à gérer pour l’être humain, selon la psychologue: "Ici, en plus, les règles changent régulièrement. On doit tout le temps se réorganiser et revoir les procédures mises en place pour la sécurité de tous. C’est sûr que c’est une charge mentale qui est pesante en plus du travail sur le terrain".
Mais heureusement, d’après Héloïse Henceval, l’être humain possède des capacités d’adaptation qui lui permettent de s’adapter aux situations les plus inimaginables et les plus dramatiques.
Une routine journalière, bien dormir et manger, se créer de petits plaisirs et maintenir le lien social
"On est tellement dans une perte de contrôle, on ne sait pas où l’on va, comment réagir, les règles changent régulièrement, on est parfois perdu, en perte de repères... Ce qui est important c’est de garder un rythme de vie au sein de son propre foyer, de veiller à sa qualité de sommeil, son alimentation... Cela peut paraître des choses futiles mais c’est vraiment très important parce que cela joue sur le psychologique, détaille Héloïse Henceval, psychologue aux urgences à la Clinique CHC MontLegia. C’est aussi important de pouvoir s’octroyer des petites choses, des petits plaisirs qui peuvent être parfois minuscules ou insignifiants mais qui jouent sur le moral c’est-à-dire, lire un livre, boire une tisane, regarder une série, garder le lien... Je sais que ce n’est pas évident actuellement d’avoir une vie sociale mais c’est important. Donc, téléphonez à vos proches, faites des appels vidéo, envoyez des mails, envoyez des messages... N’hésitez pas surtout à maintenir le lien. C’est important de ne pas s’isoler dans cette situation difficile ".