C’est un dossier dramatique qu’a jugé ce vendredi matin le tribunal correctionnel de Verviers, celui de la mort de trois enfants de 5 ans, 3 ans, et 9 mois dans l’incendie de leur logement, rue de l’Industrie à Dison, le 16 février 2016. C’est sans doute un des enfants, en jouant avec un briquet, qui aurait mis le feu à un matelas, causant la mort des trois gosses par intoxication par la fumée.
Leur mère, une Congolaise de 24 ans, était absente à ce moment, disant être sortie momentanément pour acheter des bananes, dans un magasin situé à 250 mètres. C’est pour cela qu’elle était poursuivie devant le tribunal correctionnel de Verviers pour homicide involontaire ayant causé la mort de trois enfants par défaut de prévoyance ou de précaution. Ses explications sur son emploi du temps à ce moment étaient confuses, car il est apparu qu’elle était restée absente de son domicile près d’une heure. Elle prétendait que c’est la première fois qu’elle les laissait seuls. Mais le ministère public fait état de témoignages disant que c’était courant chez elle, qu’elle sortait beaucoup, parfois toute la nuit, en laissant ses enfants sans surveillance, que c’était une mère aimante, certes, mais négligente. C’est pourquoi il réclamait une peine de deux ans de prison, avec un sursis probatoire.
Pour la défense, il faut se méfier des témoignages malveillants, souvent basés sur la rumeur, car le décès des trois enfants avait créé de grosses tensions au sein de la communauté africaine. Et d’apporter d’autres témoignages très favorables à la mère. Mais de toute façon, elle est déjà condamnée à vivre avec ce poids toute sa vie, car elle est consciente de sa responsabilité dans la mort de ses trois enfants. Elle demandait donc de ne pas en rajouter, sollicitant une suspension du prononcé.
Une mesure que le tribunal a refusée, estimant qu’elle aurait pour effet de banaliser son comportement aux conséquences extrêmement graves, et minimiserait dans son esprit sa responsabilité dans le décès de ses enfants. La mère a bel et bien commis une faute en laissant ses enfants seuls, faute pour laquelle elle se voit infliger une peine de deux ans de prison, avec sursis probatoire. (L.B.)